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Matt Damon, trop "Seul sur Mars"

  • 20 oct. 2015
  • 3 min de lecture

Avec "Seul sur Mars", Ridley Scoot nous livre une adaptation du roman d’Andy Weir d’une fantaisie pour le moins déconcertante. Et le résultat ressemble plus à un "feel-good movie" qu’au drame épique auquel on aurait pu s’attendre.

La note : 3/5

Décidément, on n'en finit plus de vouloir sauver le soldat Damon. Après l'avoir sorti des lignes adverses ("Il faut sauver le soldat Ryan"), puis d’une planète de glace ("Interstellar") voilà désormais qu’il demande qu'on vienne le chercher sur Mars. Rien que ça. À la suite d’une violente tempête, l’astronaute Mark Watney (Matt Damon) est abandonné sur Mars par son équipage qui le croit mort. Sorte de Robinson Crusoé 3.0, il va devoir survivre dans ce milieu pour le moins hostile en ne comptant que sur son intelligence et son ingéniosité.

Cette fameuse planète Mars. Combien de réalisateurs se sont déjà cassés les dents sur ses bancs de poussières rougeâtres ? "Planète rouge" d’Anthony Hoffman ou "Mission to Mars" de Brian de Palma se sont soldés par des échecs cuisants et ont fait fuir le public des salles de cinéma. Souvent trop lisses, trop convenus ou tout simplement pas crédibles pour un sou. N’est pas Kubrick qui veut.

Mission périlleuse

Ridley Scott avait donc la mission pour le moins périlleuse de mettre en scène la planète rouge, en adoptant un nouveau regard cinématographique. Et le réalisateur a semblé mettre toutes les chances de son côté pour intéresser le public. Le grand public. Le rendu visuel est impressionnant. Le casting tout autant, même si Jessica Chastain, Kristen Wiig ou Jeff Daniels servent surtout de faire-valoir à un Matt Damon encore une fois très inspiré. Mais est-ce bien suffisant ? Le film ne semble pas vraiment réussir à surprendre et à insuffler une véritable émotion. Ridley Scott paraît bien moins influencé par "2001, l’odyssée de l’espace" que par les vidéos Youtube de Chris Hadfield, cet astronaute canadien adepte des réseaux sociaux et rendu célèbre par sa reprise de "Space Oddity" de David Bowie. Pour casser la solitude du personnage et la monotonie de son existence, le réalisateur a en effet eu l’idée de faire parler Markey Watney aux caméras qui peuplent la base martienne. Le réalisateur parvient alors à faire tomber ce fameux quatrième mur.

À 77 ans, Ridley Scott semble se réinventer, totalement. Son style est méconnaissable. L’atmosphère lugubre et confinée d'un "Alien" ou d'un "Blade Runner" a disparu. Les jeux de lumière et la largeur des plans offrent un cadre plus aérien, plus réaliste. Ses héros sombres et tourmentés ont laissé place à un Matt Damon à la fantaisie, à l’humour et à l’optimisme implacables mais parfois un peu déconcertants.

Comparaison

Car cette tonalité génère une sorte de détachement pour le moins déstabilisant par rapport à la situation du personnage. Et la BO très seventies, (avec ABBA en ligne de tête tout de même) force encore le trait de cet humour un peu baveux. Le personnage est un génie. Un nerd comme on n’en fait plus. Un dur, un vrai. Charmant, drôle, tenace et tout plein d’humanité. Le doute, la tristesse ou l'introspection psychologique, très peu pour lui. Quant au spectateur, il est surtout là pour assister, impuissant, aux multiples exploits d’un astronaute qui ne souffre décidément d’aucun trauma.

Très abouti dans la forme, détaillé sur le plan scientifique, le film manque cruellement de substance et poursuit jusqu'à une fin sans surprise un cheminement pépère dénué de suspense. Il a peut-être aussi tout simplement la malchance de sortir quelques mois seulement après "Interstellar" ou "Gravity". Et il faut bien le reconnaître, "Seul sur Mars" souffre un peu de la comparaison.

Film de Science fiction de Ridley Scott – Avec Matt Damon, Jessica Chastain, Kristen Wiig et Jeff Daniels. Durée : 2h24 – Sortie : 21 octobre 2015.


 
 
 

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