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"Mektoub my love: canto uno", sous le soleil exactement

  • Critique / Boris Couret
  • 7 avr. 2018
  • 2 min de lecture

Pour le 1er volet de son “Mektoub”, Abdellatif Kechiche nous livre le récit solaire d’une jeunesse sétoise suspendue. Flamboyant.

La note : 5/5

Sous le soleil exactement. Ils sont là, pas à côté, pas n’importe où. Sous l’ardent mercure de Sète, juste en dessous. Ils ont la vingtaine. Ils sont beaux. Ils s’appellent Amin, Ophélie ou Céline. De passage pour certains. Bien enracinés pour d’autres. Le temps d’un été, celui de 1994, ils vont se flairer, se toucher, se consommer. 5 ans après la sortie de son retentissant "La Vie d’Adèle" qui a valu à son cinéaste et à ses deux actrices, Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos, la Palme d’or, Abdellatif Kechiche est de retour.

Adonis

L’on y suit Amin, la vingtaine, en vacances dans sa ville d’origine. Sorte d’Adonis en devenir, aux prémices de sa vie sensuelle. Une beauté pure, pas encore bien sûre d’elle-même. De toute façon, les autres savent déjà bien assez à sa place. Lui hésite, avance, frôle, puis recule. Comme un gamin dans un magasin de porcelaine, émerveillé mais surtout impressionné et qui ne voudrait surtout rien casser. Sauf qu’autour, les jouets, pas en porcelaine mais en peau tannée, frissonnante et chaude, n’espèrent qu’une chose : qu’on les prenne et les serre fort. Certains vont glisser des mains et se briser…

Parmi eux, il y a Charlotte et Céline. Deux copines en vacances, assez peu farouches. La première ne va pas bas beaucoup tarder avant de tomber dans les bras de Tony, cousin d’Amin, dragueur invétéré, un peu suranné. Quand la seconde picore dans tous les fruits qui s’offrent à elle.

Suspendu

Et puis surtout, il y a Ophélie. La fille du coin, qui n’a jamais vraiment bougé. Elle vit avec ses parents, dans une ferme, sur les hauteurs de Sète et trompe un mec absent avec Tony, le cavaleur. Son corps, c’est le film. Insensé de voluptuosité, presque irréel. Métaphore d’une quintessence, d’un paroxysme. D’un temps suspendu qui ne durera pas, mais que le temps d’une scène, Kechiche tente d’arrêter.

À l’épaule, il colle à ces corps qui s’éveillent en les cherchant, jouant avec le flou, le point et les plans serrés. Il laisse durer indéfiniment les scènes, pour capter comme il l’a toujours fait, la vie comme elle est. Et de nous livrer, 14 ans après "L’Esquive", une nouvelle ode au bel âge.

Film d'Abdellatif Kechiche - Avec Shaïn Boumedine, Ophélie Bau, Salim Kechiouche. Durée : 2h55. Sortie le 21 mars 2018


 
 
 

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